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Calendrier

publié le 17 mars 2017
Nom : Cycle 2 Ville intelligente - Séance 2 : Modèles et big data - 4 mai
Date : 4/05/2017

Séminaire PUCA-LATTS « Ville intelligente » - Cycle 2 (2017-2018)

Séance 2 : Modèles et big data

Jeudi 4 mai 2017 - 14h00-17h30 - Ecole des Ponts
Organisée avec le Groupe « ville et numérique » du Labex Futurs Urbains

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Nice, crédit Daniel Joseph Reinette

Argumentaire

La ville intelligente en générant un nombre considérable de données - un « big « urban » data - modifie-t-elle l’usage que l’on n’en avait jusqu’à présent ? Et si oui de quelle manière et avec quelles implications ? Une façon d’aborder la question est d’entrer par les instruments de connaissance de la ville, notamment ceux mobilisés par la gestion urbaine. Or, ceux-ci ont une histoire. Celle-ci n’est pas étrangère à la question des données. La croissance des villes et la complexification qu’elles ont connues au cours du XXème siècle a très tôt conduit à dépasser la collecte de données destinée à informer sur des situations et des besoins pour emprunter des méthodes mieux à même de rendre compte des dynamiques à l’œuvre, des mécanismes systémiques et des variations de flux. C’est ainsi que pour mieux anticiper, concevoir, réguler et financer les infrastructures et services urbains, ont été développés de nouveaux outils fondés sur la formalisation et la simulation, en un mot de modélisation, des mécanismes opérant dans ces domaines.
Les modèles ont ainsi pris une place importante depuis plusieurs décennies alliant le traitement de faits mesurés et des hypothèses sur les phénomènes étudiés. Ils permettent en effet d’inférer des données là où il n’y a pas de « capteur » d’information au pas de temps souhaité ou de faire des prédictions en l’absence de séries pouvant être simplement prolongées. Ces modèles ont une histoire ancienne, comme dans le cas des transports à partir de premières méthodes développées dès les années 1950 aux Etats-Unis pour traiter des problèmes de congestion (actuelle et anticipée) et déployée en France une décennie plus tard et sont aujourd’hui communément utilisés pour des politiques de transport (politiques tarifaire, interdiction du stationnement…). Ces modèles n’ont depuis cessé d’étendre leurs domaines d’application et leur sophistication, passant tour à tour de principes déterministes à des principes probabilistes, afin de mieux appréhender le réel.
Autour de l’usage de ces modèles se sont stabilisées des relations entre les acteurs de la gestion urbaine et les centres d’études et de recherche. Certains résultats de modèles servent à paramétrer l’intervention des opérateurs urbains et toute nouvelle question est alors renvoyée par eux aux organismes de recherche qui déploient de nouveaux modèles ou adaptent d’anciens.
Deux phénomènes nouveaux s’imposent cependant. En premier lieu, grâce à la diminution des coûts des capteurs et à l’augmentation des capacités de stockage de l’information, les données « classiques » issues de ces capteurs dédiés augmentent en volume. En second lieu, la massification des interfaces numériques d’accès aux services urbains (smartphones, pass, cartes, etc.) génèrent des flux de données, le plus souvent localisées, faisant de ces interfaces de capteurs par nature autant que par destination. Des données produites en masse dans des finalités de service et non dans des visées de connaissance (y compris gestionnaire) se retrouvent ainsi exploitables. C’est ainsi par exemple que les données de localisation des téléphones portables que possèdent les opérateurs téléphoniques ou des données de la télébilletique collectées par les opérateurs de transport peuvent être utilisées pour connaître les déplacements.
Un tel transfert du service à la connaissance n’est cependant pas immédiat ni sans conséquences, les possibilités offertes par le traitement de toutes les occurrences rapprochables ouvrent des perspectives inédites tant sur le plan scientifique que sur le plan pratique.
On peut en effet, à la faveur de ces évolutions, entrevoir une possible transformation de nature épistémologique des régimes de connaissance : une logique d’apprentissage reposant sur la documentation, sans hypothèse préalable, « d’événements » (occurrences, récurrences, etc.) se substituant à une logique déterministe de compréhension et de simulation des phénomènes étudiés. L’expertise mobilisée et le service rendu ne changent-ils pas de nature ? Ainsi alors que les panneaux à messages variables installés par les collectivités donnent des informations à partir de quelques mesures et de données de modèles conçus à des fins de gestion, un opérateur tel que Waze estime en temps réel des temps de parcours à partir des positions GPS à un instant donné et offre à chaque usager de véhicule individuel la possibilité d’optimiser son temps de parcours, le service à la collectivité constituant tout au plus une offre secondaire. On peut dès lors imaginer des transformations socio-économiques telle l’offre de prestations de connaissances par des opérateurs extérieurs au monde des services urbain et de l’expertise scientifique, valorisant des données acquises dans un cadre indépendant. De ce point de vue, ces évolutions interrogent avec force les politiques publiques de la science et des techniques appliquées à l’urbain.
En pratique, les choses pourraient cependant être moins tranchées. Ces nouvelles données sont-elles toujours disponibles, adaptées et fiables ? Les usagers institutionnels actuels des modèles sont-ils demandeurs de nouveaux interlocuteurs ? Toutes les fonctionnalités actuelles des modèles sont-elles couvertes par le traitement statistique de données nouvelles (en particulier pour les prédictions par apprentissage) ? C’est sans doute davantage vers de nouvelles compositions à la fois épistémologiques (entre approches orientées modèles et approches orientées données) et socio-économiques (entre utilisateurs et fournisseurs publics et privé) que l’on s’achemine.
S’appuyant sur les réflexions en cours au sein du groupe « Ville et numérique » du Labex Futurs urbains et en particulier autour de chercheurs de l’Ecole des Ponts et Chaussées et de l’Ifsttar, cette séance du séminaire aura pour objectif de discuter les enjeux évoqués précédemment, de les illustrer et d’esquisser les figures possibles de ces nouvelles compositions.

Consulter le programme (format pdf - 324.3 ko - 09/03/2017)

Contact : François Ménard, Puca

Participation et inscription

Le séminaire est ouvert à un public de professionnels, de chercheurs et d’étudiants.
La participation est gratuite mais l’inscription est obligatoire via le formulaire en ligne suivant :
http://enqueteur.dgaln.developpement-durable.gouv.fr/index.php?sid=57257&lang=fr

Lieu et modalités d’accès

Le séminaire a lieu à :
Ecole des Ponts-Ifsttar, Champs-sur-Marne
RER ligne A - Champs-sur-Marne, accès boulevard Copernic
Salle BO19 - RDC, bâtiment Bienvenüe

Plan d’accès : http://www.univ-paris-est.fr/fichiers/Plan%20acc%C3%A8s%20Bienven%C3%BCe.pdf