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Portrait du Prix spécial du Prix de thèse sur la ville - 2017 : Antoine Courmont

publié le 28 juillet 2017 (modifié le 31 juillet 2017)

Pour sa thèse de doctorat en science politique : “Politique des données urbaines. Ce que l’open data fait au gouvernement urbain”, thèse soutenue à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, sous la direction de Dominique BOULLIER
Résumé de la thèse d’Antoine Courmont (format pdf - 143.7 ko - 10/07/2017) - Thèse d’Antoine Courmont (format pdf - 9.6 Mo - 10/07/2017)

Portrait du Prix spécial du Prix de thèse sur la ville - 2017 : Antoine Courmont

Quel est votre parcours universitaire et professionnel ?
Diplômé de Sciences Po, j’ai effectué un master de recherche en politique comparée. J’ai réalisé un mémoire sur les controverses dans les politiques mémorielles au Pérou. Après ce mémoire, j’ai décidé de réorienter mes recherches sur le sujet de l’open data et de la gouvernance urbaine dans le cadre de ma thèse réalisée sous la direction de Dominique Boullier. J’ai alors recherché un financement sous la forme d’une convention CIFRE que j’ai obtenu auprès de la communauté urbaine de Lyon. Durant trois ans, j’ai partagé mon temps entre un poste de chargé de mission open data au sein de la collectivité et mes recherches doctorales. J’ai ensuite travaillé durant un an au sein de la direction de la prospective de la Métropole de Lyon, tout en achevant parallèlement ma thèse. Depuis mars 2017, je suis chercheur post-doctorant au sein du Centre d’études européennes de Sciences Po. J’assure également la responsabilité scientifique de la chaire Villes et numérique qui vient d’être lancée au sein de l’Ecole urbaine de Sciences po.

Qu’est-ce qui a motivé le choix de votre sujet de thèse ?
Après un mémoire de master consacré aux politiques mémorielles au Pérou, j’ai réorienté mes recherches sur le sujet de l’open data et de la gouvernance urbaine dans le cadre de ma thèse. J’ai choisi ce sujet par un intérêt personnel pour les nouvelles technologies et leur lien avec la sphère politique. Au début de cette thèse, à l’automne 2011, les premières initiatives françaises de diffusion de données publiques émergeaient, à Rennes puis à Paris. J’étais alors très loin d’imaginer que cette thématique des données deviendrait aussi centrale dans les débats actuels sur le gouvernement des villes à l’ère du numérique. A l’époque, ce sujet d’actualité suscite certes de grandes promesses de renouvellement démocratique, de transparence et de développement économique, mais les initiatives restent marginales et cantonnées à une sphère d’initiés. Cinq ans plus tard, la data est devenue un enjeu central pour de nombreuses métropoles qui développent des stratégies, mettent en œuvre des instruments, transforment leur organisation et créent de nouveaux métiers pour gérer cette entité informationnelle. Cette évolution permanente de mon objet de recherche a été une des difficultés principales que j’ai dû surmonter. A ce titre, le choix d’une démarche inductive s’est révélé particulièrement fécond. Le travail de terrain a ainsi guidé la conception du cadre théorique de la thèse. Suivre au plus près les données tout au long du processus d’ouverture et analyser, à chacune de ces étapes, les recompositions des données et des acteurs associés, m’a conduit à adopter une perspective de sociologie des données, qui s’appuient sur les outils de la sociologie de la quantification pour interroger les reconfigurations de la gouvernance urbaine. Ces choix méthodologiques et théoriques permettent à cette thèse d’apporter des éléments de réflexion académiques, basés sur un travail empirique approfondi, au débat sur le numérique et la ville, qui reste encore trop souvent cantonnés à des discours normatifs voyant s’affronter techno-utopiques et techno-dystopiques.

Quel impact sur votre carrière scientifique attendez-vous de ce prix de thèse ?
Ce prix de thèse est tout d’abord une reconnaissance de l’intérêt à consacrer des recherches à un objet novateur, et à ce titre, encore peu légitime au sein de la science politique et des études urbaines. Cela m’incite à poursuivre mes réflexions élaborées dans le cadre de ma thèse et à les mettre à l’épreuve sur d’autres terrains d’étude. J’espère que les recherches sur ce sujet vont se multiplier et qu’un champ va pouvoir se former sur cet objet du numérique, des données et de la ville. Le Prix de thèse met également en évidence l’apport des thèses CIFRE, tant pour le monde académique que pour les acteurs opérationnels. Sur un sujet mouvant et incertain tel que le numérique, je pense que c’est un atout considérable d’être proche du terrain et des professionnels pour parvenir à saisir ce qui se joue réellement avec le développement du numérique dans les pratiques et les politiques urbaines. Pour ces différentes raisons, ce prix de thèse est un argument supplémentaire pour m’inciter à publier cette thèse.

>Pour en savoir plus sur le Prix de thèse sur la ville - édition 2017
>Lire aussi : De l’Open data au gouvernement des données
Les données publiques sont aujourd’hui un enjeu central pour de nombreuses métropoles qui développent des stratégies, mettent en oeuvre des instruments et transforment leur organisation en créant de nouveaux métiers pour gérer cette entité informationnelle.
Cet article, présente les résultats d’une thèse en science politique, réalisée par Antoine Courmont, en partenariat avec la Métropole de Lyon où il a pu suivre quotidiennement la mise en oeuvre de la politique d’open data du Grand Lyon pendant trois ans.

 
 

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