Questionner le « diagnostic territorial » - Séminaire de problématisation (2018)

publié le 21 juin 2018 (modifié le 18 septembre 2019)

A partir d’un état des lieux des diagnostics territoriaux réalisés en France et face aux attentes qu’ils sont sensés satisfaire, le séminaire de problématisation Questionner le « diagnostic territorial », a permis de mettre en lumière les bonnes pratiques repérées parmi les expériences internationales les plus innovantes.

Le séminaire visait à décrypter et à analyser :

  • les outils spécifiques et les connaissances que ces expériences mobilisent ;
  • les rôles attribués à l’ensemble des acteurs dont les individus-citoyens ;
  • les processus singuliers qui sont mis en œuvre

Cette exploration a permis de renouveler notre regard sur le diagnostic territorial et à envisager ses objectifs et son élaboration selon des modalités nouvelles.

Ce séminaire a été organisé les 5 et 6 juin 2018 au Ministère de la Cohésion des territoires, Ministère de la Transition écologique et solidaire par le PUCA et par l’équipe de chercheurs Chorôs coordonnée par Jacques Lévy en liaison avec le Commissariat Général à l’Egalité des Territoires (CGET).
Il était ouvert aux chercheurs et aux experts.

>>Consulter le programme Questionner le « diagnostic territorial » Séminaire de problématisation (format pdf - 864 ko - 01/06/2018) -
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>>Compte-rendu Questionner le « diagnostic territorial » - Séminaire de problématisation (2018) (format pdf - 400.4 ko - 18/09/2019)

1. Le diagnostic (Pourquoi?)

De quoi le “diagnostic” territorial est-il le nom ?
Repenser la pertinence du terme diagnostic et trouver des alternatives (indice, veille, articulation analyse-projet, etc.) :

- Quel bilan concret peut-on tirer de l’usage de la notion de diagnostic territorial ? Quels effets pratiques peuvent être mesurés ?
- Faut-il conserver la métaphore médicale (diagnostic ➝ maladie, traitement, médicaments…) ?
- Peut-on imaginer une approche globale de la complexité plutôt qu’une addition d’analyses sectorielles ?
- Faut-il accepter la séparation entre l’observation et le projet ou analyser le présent en lien avec des valeurs ou des principes qui guideront la projection vers le futur ?
- Ne faut-il pas intégrer l’ensemble dans la définition d’un horizon stratégique de développement et à définir les enjeux d’un tel développement (vision d’ensemble) ?
- Quel cadre pour intégrer les demandes des citoyens ? Que faire si ces demandes portent sur un maintien de l’existant ou un retour en arrière ?
- A-t-on vraiment encore besoin de produire du diagnostic territorial ?

2. Le territoire (Quoi ?)

Qu’entend-on par “territoire” dans le diagnostic territorial ?

- Est-ce que ce qu’on appelle territoire est l’espace d’une société ? Et à quelles échelles ? Selon quelles limites?
- Est-ce que territoire est synonyme d’espace ou s’agit-il d’un espace particulier ?
- Faut-il distinguer l’espace institutionnel, contraint et figé par les découpages politicologue-administratifs ou ceux de l’action publique, des espaces pertinents, définis par les problèmes et les enjeux, toujours en mouvement ?
- La construction d’outils généraux est-elle compatible avec la prise en compte de la singularité de chaque espace ?
- Peut-on imaginer un “diagnostic territorial” pour un espace qui n’a pas (ou pas encore) d’existence politique ?
- Quelles sont les notions transversales qui permettent d’intégrer et d’unifier les différentes composantes des problèmes et des enjeux ?
- Est-ce que les questions d’accessibilité aux lieux, aux services doit-être considérée comme centrale dans l’analyse d’une situation spatiale ?
- En quoi, la “question naturelle” (autosuffisance, circuits courts) modifie les termes et les méthodes et les échelles de l’analyse et du projet ?
- Comment articuler les différentes échelles qui sont de fait imbriquées ?

3. Acteurs et processus (Qui, comment ?)

Qui est (sont) l’(les) auteur(s) du “diagnostic”?
Qui sont les professionnels du domaine ? Quelles sont les compétences qu’on pourrait exiger ?

- Comment dépasser les dissymétries de capacité entre acteurs (entre professionnels et habitants et entre habitants) ?
- Les conflits territoriaux sont nombreux et souvent intenses. Peut-on faire en sorte que de nouveaux dispositifs, de nouveaux équilibres entre acteurs permettent d’inventer des conciliations et des dépassements de ces conflits ?
- Comment inclure la dimension affective des demandes de la société ?
- Comment combiner et séquencer les outils de la démocratie interactive (consultation, négociation, participation, écoconstruction, codécision, etc.)?
- Quelles sont les méthodes et les techniques empiriques pour collecter les pratiques et les attentes de tous les types d’habitants (au-delà des seuls résidents permanents : habitants temporaires, usagers, touristes, opérateurs absents) et organiser des dispositifs d’interactions (forums, panels, bénévolat, tirage au sort…) ?
- Quelles médiations, quelles “traductions” pour assurer la rencontre, à tous les moments du processus, entre les initiatives venant de la scène politique et les innovations portées par les acteurs issus de la société civile ?
- Quelle est la pertinence des “objets” de la participation (cartes, promenades commentées, blog, post, mobilier urbain, événements, expérimentations, etc.) ?
- Comment éviter que la participation ne se réduise à une opération de communication et de marketing territorial ?
- Les temporalités de l’analyse et du projet, de la décision et de la mise en œuvre ne coïncident pas toujours. Comment faire ?
- Est-ce que la recherche d’une démocratisation du processus doit être une valeur fondatrice ou seulement un aspect parmi d’autres ?
- Peut-on formaliser un processus-cadre (thématiques, implication des habitants, phasage…) d’analyse-projet ou doit-on accepter l’idée que chaque cas est spécifique ?
- Faut-il considérer que le processus est déjà une contribution aux changements attendus ?
- Faut-il définir un exercice qui a un début et une fin ou penser un processus continu qui inclut veille, observation, projet et évaluation ?

Responsable de l’action : Martine Vernhes, chargée de projet au PUCA