Vers des stratégies territoriales soutenables de réhabilitation énergétique des logements ?

publié le 9 novembre 2014 (modifié le 12 janvier 2015)

Comment s’y prendre pour mener des politiques de réhabilitation énergétique efficientes ?
Pour atteindre les objectifs du Grenelle de l’Environnement et réduire d’un facteur 4 les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre liés aux bâtiments, 400 000 logements par an devront être réhabilités en France jusqu’en 2050. Un chiffre considérable pour un secteur caractérisé par une forte hétérogénéité de formes et de statuts d’occupation. Une stratégie prenant en compte l’optimum socio-économique des travaux à réaliser au cas par cas ne serait-elle pas plus " soutenable " que la recherche globale de la meilleure performance technique ? Mais cette stratégie adaptée aux contextes locaux peut se heurter elle-même à des difficultés de mise en œuvre et risque de faire perdre de vue l’objectif collectif visé. A quelles échelles alors s’emparer du problème et selon quel angle d’attaque ? A celles des politiques locales de l’habitat répondent des chercheurs sollicités par le PUCA. Dans cette optique, on n’agit plus en fonction uniquement d’un objectif technique de consommation énergétique, mais selon un « optimum technico-économique et social acceptable » par les ménages et bailleurs.
Des simulations comparées portant sur deux territoires montrent ainsi que la seule prise en compte d’objectifs techniques quantitatifs peut paradoxalement constituer un frein à la réalisation de travaux et à l’atteinte du Grenelle : il peut, en effet, induire des pertes de pouvoir d’achat importantes. À l’inverse, l’optimum socio-économique implique une meilleure efficacité générale à l’échelle du parc, en permettant de moduler les exigences en fonction des potentialités techniques des bâtiments ou de cibler les aides publiques suivant les efforts à fournir.
Fondée sur une approche bottom up cherchant à mesurer cet optimum acceptable, à désigner les potentiels réalistes de réduction énergétique et à défini r une stratégie adaptée, l’étude présentée ici mobilise un modèle avant tout opérationnel. Elle n’a pour autre objet que d’inciter à améliorer les instruments d’analyse et d’action publique.