Ville intelligente

 

En 2014, le Puca lançait un séminaire exploratoire sur la ville intelligente. Il s’agissait, en cinq séances, d’initier une réflexion associant chercheurs, acteurs, experts et profanes afin de dépasser les récits enchantés comme les a priori négatifs à son endroit, et faire de la ville intelligente – ou « smart city » - un possible objet susceptible de gouvernance ou, a minima, un objet de recherche partagé.
Après une séance introductive avec Antoine Picon, le premier en France à avoir construit une réflexion théorique sur le sujet, ont été explorés tour à tour les liens de la smart city avec le développement durable, ce qu’elle signifiait pour la « ville des réseaux », les enjeux démocratiques de la data dans le domaine de l’urbain, et enfin ses "en-dehors » et les prises qu’ils offraient pour la penser et l’agencer autrement.
Pas de bilan à ce premier cycle1 mais la conviction d’avoir, avec la ville intelligente, un objet consistant, protéiforme certes, mais plus complexe qu’évanescent, ne pouvant se limiter à l’extension du domaine du numérique à la ville, à la poursuite de la e-administration par d’autres moyens, pas plus qu’au stade suprême du néo-libéralisme dans les services urbains.
Empruntant, bien sûr, à ces registres ainsi qu’à d’autres, mais ne pouvant être réduite à l’un d’entre eux, la « smart city » se manifeste par une présence que ne servent qu’imparfaitement les discours prédictifs et prophétiques qu’elle charrie avec elle.
C’est la raison pour laquelle il a été décidé de poursuivre l’exercice.
Mais alors que le premier cycle avait été conduit par le Puca, en régie ou presque, par François Ménard et Jean Danielou, ce second cycle s’inscrit dans une démarche plus coopérative et partenariale. Le LATTS (Laboratoire Techniques, Territoires et Société), associant le CNRS, l’Ecole des Ponts ParisTech et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, s’est en effet proposé pour poursuivre l’entreprise et suggérer de nouveaux axes de débat.

Comment au-delà̀ d’expériences pilotes ou de démonstrateurs, les nouvelles opportunités des technologies de communication, du big data ou du web 2.0, transforment-elles la gestion et la vie urbaine ? Comment ces évolutions « entrent-elles » en politiques, comment font-elles politique, entre sous-politisation (par ses acteurs ?) sur-politisation (par les chercheurs ?) ? Ce sera la thématique de la première séance.
Les autres séances aborderont d’autres questions : Comment la production de connaissance, les sciences de la ville ou l’usage des modèles sont-ils infléchis par les nouvelles possibilités de la statistique de masse, par qui et avec quelles conséquences ? Comment le paysage économique des services urbains est-il redessiné (flexibilisation des usages, désintermédiation, entre économie de plateformes et tarification dynamique…)? Par quelles prises (open data, crowdsourcing, crowdfunding, forums numériques…) ces nouvelles technologies peuvent-elles permettre à la population de peser sur la gestion urbaine ?

Sans prétendre apporter une réponse définitive par une parole experte, le séminaire se veut au contraire comme un moment d’enquête partagée sur ces pratiques émergentes.

 
 
Les séminaires Ville intelligente - cycles 2014-2016 et 2017-2018