Pratiques du jardin dans le périurbain : Entre minéralisation et(ré)ensauvagement

Que sait-on des pratiques de jardinage des habitants du pavillonnaire aujourd’hui ? Comment servent-elles ou desservent-elles la biodiversité prêtée à ces espaces ? Les gestes et les représentations, les arbitrages saisonniers ou quotidiens sont essentiels. C’est précisément l’objet d’étude de cette recherche pluridisciplinaire.

Hortense Soichet

Divers travaux de recherche, notamment ceux du programme BAUM ont pointé le rôle des jardins pavillonnaires pour la biodiversité des espaces urbanisés. Mais ce rôle est très dépendant des pratiques de jardinage de leurs occupants. Ces pratiques s’inscrivent elles-mêmes dans des usages et représentations plus larges, voire dans des normes tantôt transmises dans un cadre familial, tantôt obéissant au regard supposé des voisins, tantôt enfin par de nouvelles prescriptions issues des enseignes, des médias ou des réseaux sociaux. Les gestes et les représentations, les arbitrages saisonniers ou quotidiens sont essentiels. Qu’en est-il en réalité? La recherche s’attache, par l’observation et l’entretien à identifier les différents ressorts qui agissent de façon effective sur les pratiques et avec quel effet sur la dynamique de l’écosystème jardinier de l’espace pavillonnaire.

Equipe de recherche :
Marion Brun écologue, Ecole Nationale Supérieure de Paysage – LAREP, Lucinda Groueff architecte, Ecole Nationale Supérieure de Paysage – LAREP, Marie Mangold sociologue, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg, AMUP et SAGE, Hortense Soichet photographe indépendante, Université Gustave Eiffel, Lab’Urba et Université Paris 8, TEAMeD (AIAC)

Recherche réalisée avec le soutien financier de Leroy Merlin Source et du PUCA

Responsable PUCA : Sophie Carré, chargée de projet

A lire, à voir

Films

  • Habiter l’extérieur : habiter le jardin périurbain
    Sous le titre Profiter, le premier film s’attache à la variété des rapports aux plaisirs de l’espace extérieur : piscines, terrasses et patios. Il porte sur le jardin comme espace de détente et notamment sur la piscine : la faire creuser, l’entretenir, en profiter ou décider de la reboucher. A travers les mots des habitants, il aborde aussi les temporalités au jardin selon les saisons et les aménagements qu’ils réalisent.
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  • Laisser l’herbe pousser ?
    Sous le titre Pousser/Repousser, le deuxième film explore les rapports aux habitants aux prairies, pelouses et gazon. Quels sont les choix opérés et qu’est-ce qui les déterminent ? Comment entretient-on son sol extérieur ? Les extraits d’entretien montrent une grande diversité de comportements :
    Gazon naturel ou synthétique
    Suppression ou tolérance face aux « mauvaises herbes »
    Tonte à ras ou plus douce ou non systématique
    Attention ou non au regard des voisins…
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  • Les plantations, par essais – erreurs
    Planter – se planter – replanter : le titre du troisième film dit bien que les interactions avec le végétal relèvent d’un apprentissage au long cours, fait de tentatives, de découvertes, d’échecs et de réussites. Les jardiniers expriment à la fois le plaisir et le délassement qu’ils trouvent à travailler leur potager. Ils déploient une créativité aussi pragmatique qu’épanouissante. Au fil du temps et des saisons, ils s’adaptent au climat en fonction de la résistance des plantes, en amateurs éclairés.
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  • Entre intimité et ouverture
    Quels rapports au voisinage, à la rue, au paysage environnant ? Le quatrième film est intitulé Ouvrir / Fermer, et met en lumière toutes les nuances entre ces deux termes. On voudrait voir sans être vu, se cacher mais pas se camoufler, éviter l’esthétique négative d’une palissade ou d’un mur, mais quand même mettre à distance les voisins les moins sympathiques. Certains habitants privilégient les coupures végétales pour des motifs écologiques, facilitant la circulation des espèces.
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  • Une intense vie animale
    Sauvages ou domestiques, utiles ou gênants, nourriciers ou ornementaux, rares ou envahissants : quelle diversité dans le rapport aux animaux et dans les sensations associées ! Il s’agit donc de Cohabiter, titre du cinquième film, un verbe qui recouvre des attitudes variées : pour certains insectes ou mammifères, il s’agit de surveiller, parfois d’éliminer ; avec les animaux domestiques, il s’agit de profiter et de prendre soin ; et souvent simplement de se réjouir de la biodiversité qui habite le jardin.
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