EVMB - Emploi et Valorisation des Métiers du Bâtiment (1983-1993)

publié le 8 novembre 2015 (modifié le 30 juillet 2018)

Le programme EVMB (1983-1993) est issu de la réflexion d’un groupe de travail qui a réuni des représentants d’horizons variés : l’administration, les organisations professionnelles, mais aussi des organismes spécialisés (ANACT, OPPBTP, INRS…) et les organisations de salariés. Il publie son rapport "Valoriser le travail, un enjeu pour le Bâtiment" en 1983 et propose trois orientations fondamentales :

  • mettre en œuvre une démarche d’efficacité économique et sociale dans la perspective d’une meilleure productivité globale de la branche par l’élévation des qualifications professionnelles ;
  • affirmer une vision globale des conditions de travail, considérées comme un élément fondamental du travail lui-même :
  • placer le chantier, le lieu de travail, comme lieu révélateur de la cohésion du secteur, mais aussi et surtout de ses dysfonctionnements.

Ces options amènent à s’appuyer sur deux outils : la recherche socio-économique et les expérimentations. Dès 1982 sont lancées recherches et expérimentations, en travaillant à identifier les entreprises porteuses d’innovations sociales, sensibiliser la maîtrise d’ouvrage, coordonner l’action administrative, et mobiliser le milieu scientifique. Plusieurs thèmes sont retenus : modes de gestion de la main d’œuvre, évolution des qualifications et procès de travail, emploi et mobilité, identité socioculturelle de la profession, pratiques ouvrières.

Sur la durée du programme, neuf consultations ont été lancées :

  1. Mai 1983 : la formation professionnelle et l’emploi dans le bâtiment
  2. Avril 1985 : Emploi et productivité dans le bâtiment
  3. Juin/septembre 1987 : Métiers du bâtiment : à la recherche d’une nouvelle professionnalité
  4. Mars 1988 : La qualité en chantiers
  5. Juin 1988 : La prévention en chantier : concepts et pratiques
  6. Mai 1989 : Emplois du bâtiment et catégories professionnelles : vers quel renouvellement ?
  7. Juin 1990 : La gestion des ressources humaines et la gestion de l’activité de construction
  8. Juin 1991 : La communication dans le secteur de la construction : technologies, organisations, savoirs
  9. Septembre 1992 : Les dynamiques de la production du cadre bâti en Europe

Contact : Christophe Perrocheau


Synthèse des résultats

Le programme EVMB a accompagné, avec de nombreuses expérimentations, les débats de la décennie sur la formation, la qualification, le statut du travail. Pour le Plan Construction l’enjeu était « d’accroître les performances du secteur de la construction et améliorer la qualité du cadre bâti, en conférant au "social" un statut nouveau ».

Il s’agissait de montrer que le bâtiment était un secteur industriel parmi d’autres, de « réintégrer les questions relatives aux métiers du bâtiment aux débats sur les nouvelles formes de rationalisation du travail, la transformation des catégories salariales et le fonctionnement du marché du travail ».

Le pari de l’interdisciplinarité, au vu du nombre et de la diversité des travaux produits, semble avoir été gagné : sociologie, économie, mais aussi ergonomie, sciences de la gestion, sciences de l’ingénieur – de même que le pari de la coopération recherche-entreprises et celui de l’implication sur un même objet du plus large éventail d’acteurs : organisations professionnelles, syndicats de salariés, organismes paritaires de la branche, médecine du travail, chambres consulaires, pôles d’enseignement et de formation, prestataires de services, architectes… Au prix d’un effort constant d’animation et de valorisation de la recherche.

C’est donc, au final, selon le Plan Construction, « moins l’image d’un secteur archaïque que nous offre le bâtiment que celle d’un secteur qui a préfiguré des problèmes aujourd’hui vécus par l’ensemble de l’industrie française : besoin de renouvellement de la main d’œuvre face à des pyramides des âges déséquilibrées, variabilité des produits et du niveau de l’activité, épuisement des ressorts classiques de l’efficacité, engagement sur de nouveaux modèles de production. Image d’un secteur engagé dans une phase de transition entre un modèle de rationalisation taylorienne et un (ou des) modèle en gestation dont les cohérences entre les dimensions sociales et les exigences économiques restent à établir. Image, enfin, d’un secteur dont les atouts résident en partie dans ses propres traditions, celles des valeurs collectives et du travail coopératif, celles de l’expérience et de la transmission socialisée des savoir-faire. »

Le thème aboutira à l’élaboration du programme Chantier 2000. En 2000, une consultation sur le thème « Emploi, formation, compétences » donnera lieu à vingt-neuf réponses, aboutissant à trois études :
L’intérim dans le secteur du BTP, une filière de qualification sous valorisée ?
Renforcer le partenariat entre fournisseurs et organismes de formation du bâtiment
La reprise économique dans le bâtiment : les effets sur l’emploi, l’insertion et la précarité


Réalisations EXpérimentales (REX)

L’apport, sans doute le plus significatif, de ces « REX formation » est d’avoir permis, dans une période de renégociation des diplômes et des grilles de qualification, de sortir des oppositions entre scolarisation et apprentissage, entre théorie et pratique, entre formation générale et formation professionnelle, et d’avoir impulsé de réels partenariats entre professionnels du bâtiment et formateurs sur des objectifs de qualification.

Viendront ensuite les thèmes de la productivité et de la qualité sur les chantiers, de la prévention des accidents et du renouvellement des catégories professionnelles. La communication entre le chantier et les autres acteurs de la filière sera abordée en fin de programme, en essayant de faire le lien entre supports technologiques et savoirs professionnels.

Le programme a donné lieu à 58 chantiers expérimentaux de formation et d’insertion des jeunes, dont  :

  • Angers : autonomie dans le gros œuvre / Une formation réunissant jeunes et anciens
  • Aulnay-sous-Bois : des jeunes diplômés sur leur premier chantier / Adaptation progressive au rythme de travail
  • Bouguenais : apprendre comme de vrais salariés / Des lycéens découvrent la réalité du chantier
  • Brest : préparer des plans de carrière / Le recrutement d’une future maîtrise
  • Camaret / Finistère : un nouveau métier du second œuvre / L’installateur de composants secs
  • Carcassonne : formation du personnel d’exécution
  • Castelginest : chantier d’application d’un jumelage
  • Chantepie : une équipe de construction inter-métiers / Un programme ambitieux de formation
  • Châteauroux : formation - production en alternance
  • Crozon : insertion de jeunes
  • Dijon : jumelage école - entreprise
  • Dijon : un bureau d’études de lycéens / Une préparation de chantier suivie par des élèves
  • Dreux : chantier de formation - production
  • Échirolles : autonomie à tous les échelons / Davantage de responsabilités pour chacun
  • Évreux : une entreprise à la découverte d’un lycée / Un chantier comme lieu de rencontre
  • Formation à l’autonomie / Création d’équipes de jeunes et d’anciens
  • Foyer-soleil de Schiltigheim : une construction au programme de trois écoles / Un chantier comme sujet de cours et d’exercices
  • Frontignan : jeunes et anciens en formation / L’embauche de jeunes pour entamer une mutation
  • Grenoble : clos-couvert et partitions / Formation à la polycompétence de jeunes et d’anciens
  • Hellemmes : l’ossature bois / Un support pédagogique pour des jeunes sans qualification
  • La Queue-en-Brie : premier emploi de jeunes diplômés / Apprendre à tenir des objectifs économiques
  • Laval : formation du personnel d’exécution
  • Loches : chantier d’application d’un jumelage LEP - entreprise
  • Marne-la-Vallée : jeunes de bas niveau scolaire / Une pédagogie appropriée pour une insertion réussie
  • Montpellier : formation - insertion de jeunes et jumelage
  • Montpellier : insertion et formation de jeunes
  • Nancy - Metz : «  Objectif social  » / Du chantier à l’entreprise
  • Nîmes : autonomie et gestion de la qualité / Deux PME forment leur personnel
  • Nîmes : un chantier pour la formation initiale / Des lycéens à la rencontre de leur future profession
  • Orange : chantier d’application d’un jumelage
  • Paris : insertion et formation sur un grand chantier / Trente jeunes à l’Arche de la Défense
  • Paris : insertion et formation sur un grand chantier / Vingt-cinq jeunes à l’opéra Bastille
  • Paris : insertion et formation sur un grand chantier / Vingt-neuf jeunes au Grand Louvre
  • Paris : un chantier composé aux deux tiers de jeunes / Une organisation du travail pour réussir l’insertion des jeunes
  • Poitiers : la polyvalence dans le gros oeuvre / Formation et insertion de jeunes diplômés
  • Portes-Lès-Valence : la formation au quotidien sur sept chantiers / Un important programme d’insertion des jeunes
  • Portet-sur-Garonne : former des ouvriers et des artisans / Deux objectifs pour un chantier
  • Quiberon : une nouvelle fonction dans la réhabilitation / L’agent de réaménagement des espaces habitables
  • Rezé-les-Nantes : insertion et formation de jeunes
  • Riom : un lycée mi-classe, mi-chantier / Des élèves de BEP en situation réelle de travail
  • Sainte-Marie : formation du personnel d’exécution
  • Saint-Malo : responsabilisation dans le gros oeuvre / Formation des futurs responsables d’équipe
  • Saint-Sébastien-de-Morsent : un jumelage pour préparer des embauches / Compléments de formation en amont de l’insertion
  • Saint-Vaast : chantier d’application d’un jumelage LEP - entreprise
  • Tarbes - Cardeilhac : chantier d’application d’un jumelage
  • Toulon : formation pratique des jeunes sur chantier et formation de chefs d’équipe
  • Tremblay-Lès-Gonesse : formation d’une future maîtrise / Une insertion réussie mais un dispositif lourd
  • Vandoeuvre : des embauches à la clef d’un jumelage / Des terminales de CAP et de BEP sur un chantier
  • Vannes : travailler par objectifs / D’autres compétences pour les jeunes et les anciens
  • Vern-sur-Seiche : mieux organiser la polyvalence / Un chantier structuré par séquences
  • Vitré : constitution d’une équipe inter-métiers / Une démarche exigeante en compétences

Recherches

  • Système économique local et stratégies des entreprises du bâtiment
  • Le marché du petit collectif : les nouvelles stratégies d’acteurs de la construction
  • Culture d’entreprise et méthodes d’organisation : l’histoire de deux groupes, Bouygues et SGE
  • Filières d’acteurs et partenariat : vers de nouvelles formes de sous-traitance dans le bâtiment
  • Dynamique des performances et organisation des relations interentreprises dans le bâtiment
  • Développement des systèmes télématiques et relations interentreprises dans la construction
  • Les innovations sociales dans les PME du bâtiment
  • Du groupement au réseau : système de communication interactif et nouvelle configuration d’entreprises
  • Appropriation de l’informatique par l’artisanat du bâtiment : politiques et acteurs
  • Qualification sociale et professionnelle dans l’artisanat du bâtiment
  • Artisans, chefs d’entreprise du bâtiment de demain
  • Nouvelles pratiques professionnelles en réhabilitation de groupes HLM
  • La professionnalisation en chantier
  • Jeunes sans qualification : le BTP est-il toujours un secteur d’insertion ?
  • Formation et emplois qualifiés : les transformations dans le bâtiment en France et au Royaume-Uni
  • Les centres de formation des apprentis du bâtiment : identité et mutation
  • Formation et identité professionnelle dans le bâtiment
  • Apprentissage et paritarisme dans le bâtiment : naissance et évolution du CCCA
  • Modèles pédagogiques et rénovation des métiers
  • Les conditions de renouvellement de l’encadrement de chantier
  • Les usages par le bâtiment des diplômes de techniciens supérieurs : le cas des conducteurs de travaux
  • Évolution de la professionnalité des architectes : diversification des pratiques, actualisation de la qualification
  • La sécurité sur les chantiers du bâtiment : observations et analyses pour quelques perspectives
  • A l’écoute du chantier : des productions sonores aux modes de prévention
  • Conduite de projet et prévention intégrée : la construction du Synchrotron
  • Quelles perspectives pour les outils et le matériel ?
  • Héritage et adaptation : qualifications et performances des collectifs de travail
  • Relation entre productivité et emploi dans l’artisanat groupé et non groupé du bâtiment
  • Flexibilité organisationnelle et productivité dans le bâtiment
  • Productivité et organisation du travail : pour une nouvelle économie du temps
  • Analyse socio-économique des liens entre productivité et emploi dans le bâtiment
  • Approche de la productivité et méthodes d’organisation dans les grandes entreprises du bâtiment
  • Évolution des professions et politiques d’emploi des cadres dans les entreprises de bâtiment en Europe

En lien