La libre évolution des forêts : comment changer d’échelle ?

Alors que la libre évolution des écosystèmes s’affirme de plus en plus comme l’une des solutions d’adaptation des écosystèmes au dérèglement climatique, les surfaces forestières aujourd’hui en libre évolution sur le territoire européen (et national) restent dérisoires, et constituées de sites de très faible superficie. Comment déployer dans ces conditions un large réseau cohérent d’espaces en libre évolution ? Comment les projets sont-ils appréhendés au niveau local ? Comment les projets existants nous éclairent-ils sur les jeux d’acteurs en scène et les conditions de réussite ?

Acadie

Contexte

L’acuité des urgences écologiques et climatiques a enclenché des dynamiques structurantes de réponses coordonnées de plus en plus systémiques en matière de politiques publiques. Face au constat lancinant de la persistance – voire de l’accélération – des dégradations, des objectifs de plus en plus ambitieux ont peu à peu été fixés aux échelles internationales, européennes et nationales. L’enjeu majeur reste cependant un double passage à l’échelle de leur mise en œuvre effective au plus proche des territoires :

  • de la petite échelle nationale théorique à la grande échelle locale concrète d’une part ;
  • de l’échelle restreinte de l’expérimentation ou du site pilote localisé au déploiement massif sur tous les territoires d’autre part.

En matière de biodiversité, le règlement sur la restauration de la nature, adopté au niveau de l’Union européenne en application des conclusions des experts internationaux, vise la restauration de grande ampleur des écosystèmes naturels. La libre évolution des écosystèmes – dans un contexte de perte de repères et d’incertitude scientifique liées à des trajectoires écologiques et climatiques inédites – trouve un écho croissant comme solution nécessaire pour permettre à la biodiversité d’exprimer son plein potentiel d’innovation, d’adaptation, de résistance. Si les modalités de sa définition et de sa mise en œuvre font aujourd’hui l’objet d’actifs débats et controverses politiques et scientifiques, il n’en demeure pas moins que sa mise en œuvre de manière massive s’impose de plus en plus comme incontournable, parmi d’autres solutions de gestion des écosystèmes.

Dans ce contexte, le PUCA a confié à Acadie, en collaboration avec l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire, une étude exploratoire visant à comprendre les conditions d’émergence et de réussite de projets de mise en libre évolution de grandes surfaces forestières, afin de documenter ce qui se joue au niveau local entre les acteurs, entre les décideurs.

Méthodologie

  • La coopérative Acadie a exploré trois initiatives de mise en libre évolution d’une partie des espaces forestiers dans le Grand Est, mises en perspective par un parangonnage avec une expérience allemande.
  • Elle a conçu et animé des « scènes de débat » dédiées, afin que des acteurs locaux volontaires puissent réfléchir et débattre des processus et conditions de réussite de ces projets, sur la base de leur propre vécu. Il ne s’agissait aucunement de finaliser les projets locaux, mais de monter en généralité pour mieux aborder la question actuelle de la multiplication de tels projets de mise en libre évolution sur d’autres territoires et de leur réussite.
  • Elle en a tiré une typologie de modalités de conception et de déploiement de projets de libre évolution, ouvrant de premières pistes pour une éventuelle montée en puissance des projets et surfaces mise en libre évolution.

A lire

  • "La libre évolution des forêts : comment changer d’échelle ?" – Acadie – Daniel Behar, Charlotte Desjuzeur, Philippe Estèbe, 2026, Réflexions en partage (publication à venir)

Responsables de l’action au PUCA :
Sophie Carré, chargée de projets, Luc Mauchamp, responsable de programmes
Bénédicte Bercovici, chargée de valorisation

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