La mixité fonctionnelle à l’échelle métropolitaine a-t-elle du sens ? L’exemple des clusters du Grand Paris

publié le 17 novembre 2014 (modifié le 12 janvier 2015)

Les clusters du Grand Paris sont, avec le métro automatique, les symboles du projet métropolitain.
Impulsés par Christian Blanc dès 2010 pour organiser la planification du Grand Paris, il est prévu la création de six clusters spécialisés , vitrines du développement économique de la métropole : un pôle de la finance à La Défense, la création à Pleyel, les échanges à Roissy-le Bourget, le développement durable à la cité Descartes, l’innovation à Saclay et la santé à Villejuif-Evry. Mais comment expliquer la création de clusters spécialisés à l’heure où la mixité fonctionnelle est le nouveau mot d’ordre de la production urbaine ?
Cette recherche menée par le bureau d’études ACADIE invite à comprendre les enjeux territoriaux et économiques qui se jouent à travers ces projets urbains pour in fine reconsidérer la notion de spécialisation dans les projets de cluster du Grand Paris.
Elle montre que la spécialisation économique recherchée à travers les clusters est en décalage avec la réalité économique du tissu francilien, largement diversifié.
Ainsi, la carte des clusters est relativement déconnectée de la carte économique de l’Ile-de-France.
De plus, la recherche révèle une diversité d’attentes des acteurs impliqués dans la création de ces clusters, parfois contradictoires. Pour les acteurs publics, les clusters de caractérisent par une spécialisation économique dans une mixité urbaine. Il s’agit de valoriser les ressources des territoires (comme la présence de laboratoires de recherche à Saclay) en confortant un nombre limité de segments économiques tout en créant un « effet cluster » via une mixité des fonctions urbaines censée générer des échanges et des
innovations. L’exemple du plateau de Saclay est illustratif de cette volonté.
Les investisseurs immobiliers promeuvent quant à eux le zonage dans la diversité économique. Ils cherchent à créer des pôles économiques, avec un volume suffisant pour apparaître sur la carte de l’Ile-de-France et sont partisans de la diversité économique des entreprises et des emplois à cette même échelle. C’est le projet du Triangle de Gonesse.
In fine, ces différentes tensions amènent à penser que les clusters du Grand Paris sont davantage des outils de gouvernance territoriale, plutôt que des leviers de développement économique