Le Quatre Pages

 

Sous une forme numérique, Le Quatre pages est destiné à jouer un rôle d’alerte au regard des principaux résultats ou enseignements de recherche, essentiellement ceux réalisés dans le cadre de programmes incitatifs initiés, financés et pilotés par le PUCA.
Les données et les analyses présentées, sauf mention contraire, proviennent des rapports de recherche rédigés par les chercheurs. La sélection et leur mise en perspective n’engagent en revanche que le PUCA.

Coordination : Bertrand Vallet

ISSN : 2427-8912 (imprimé)

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L’incertain tournant serviciel des gares

publié le 16 novembre 2016

Inscrites dans des stratégies multi-acteurs, vouées à accueillir des flux de voyageurs plus massifs, les gares connaissent des transformations fonctionnelles et symboliques profondes. Elles cristallisent de fortes attentes en termes de sécurité, de confort et de services. Le séminaire du 11 avril 2016 s’est ouvert sur l’interrogation suivante : A quelles conditions pourra-t-on demain considérer les gares comme des lieux publics à la fois intensifs et apaisés, dotés de multiples ressources urbaines, ouverts à une grande diversité des pratiques, et rayonnant à l’échelle d’un quartier ou d’un morceau de ville ?

Un masterclass, deux sujets de thèse, un programme de recherche, deux interventions de hauts responsables de Transilien et d’AREP, et enfin un cas d’étude sur le pôle multimodal de Nice ont permis de discuter l’articulation entre la fonction de transport et les services en gare.

La place des services intermodaux, des commerces de proximité et des lieux de travail éphémères ayant été perçue comme centrale dans cette dynamique, ces éléments ont été questionnés du point de vue des usages naissants et des gains attendus en termes de proximité, de mixité, d’accessibilité et d’expérience de la mobilité qu’ils offrent. Cependant, les questions relatives au choix de ces services, à leur adéquation aux besoins des voyageurs et aux règles de gestion sur lesquelles ils reposent ne sont pas neuves.

Aussi, si tournant il y a dans les gares, du fait de la convergence de volontés et de stratégies des opérateurs ferroviaires et des partenaires économiques et politiques, bien des incertitudes subsistent sur la validité des choix opérés, sur la valeur d’usage qu’ils peuvent créer et sur les processus d’appropriation dont ils peuvent faire l’objet.


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Déclin des banlieues : un phénomène victime de la ville compacte - l’exemple d’Ōsaka, Japon

publié le 1er septembre 2016

Ce Quatre pages est tiré de la thèse en géographie et aménagement du territoire de Sophie Buhnik intitulée « Métropole de l’endroit et métropole de l’envers.
La décroissance urbaine, vieillissement et mobilités dans les périphéries de l’aire métropolitaine d’Ōsaka », soutenue en décembre 2015 à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction de Natacha Aveline et Sylvie Fol. Ce travail doctoral est lauréat du Prix de thèse sur la ville 2016 (Grand Prix) organisé par le Puca, l’Aperau et l’Institut CDC pour la Recherche Caisse des Dépôts.

Depuis 2008, la population japonaise décroît à un rythme accéléré. Dans ce contexte sans équivalent à l’échelle planétaire, les métropoles du pays connaissent des mutations radicales : les centres-villes se réurbanisent, tandis que les banlieues sont soumises à des processus cumulés de déclin.
La perte de densité humaine fait peser sur la mobilité des ménages qui y vivent encore, des contraintes lourdes : les distances à parcourir pour atteindre commerces et services s’accroissent, la dépendance à la voiture augmente, un sentiment de captivité apparaît chez les moins mobiles.
Dans l’archipel, ce déclin est renvoyé au vieillissement annoncé de la population et, comme jusqu’à récemment dans le monde occidental, les experts nippons suspectent souvent les modes de vie associés à la périurbanisation. De ces interprétations ont découlé deux décennies de politiques urbaines défendant la « ville compacte ». La densification des centres villes et la concentration des activités sont pensées comme des instruments à même de remédier à l’étiolement des territoires, au risque de dévitaliser davantage les territoires périphériques situés loin de centres de pouvoir, voire de nourrir un étalement urbain persistant. Les tissus périurbains se recomposent en effet en une mosaïque de « points chauds » de croissance et de « points froids » de déclin accentué, très difficile à gérer pour les collectivités locales.
L’éloge de la compacité urbaine semble donner une légitimité environnementale et sociale à une politique de soutien des valeurs foncières et immobilières au coeur des métropoles, induisant dans le même temps la renonciation à un rééquilibrage vers les régions périphériques les plus dépeuplées, ferment de tensions politiques depuis de nombreuses années. Les dynamiques urbaines du Japon contemporain soulèvent ainsi des enjeux d’aménagement pionniers sur la métropolisation en contexte de faible croissance et sur le vieillissement des espaces périurbains.


 

SCI APP : Société civile immobilière… et coopérative

publié le 31 mai 2016

Ce travail est issu d’un programme de recherche et expérimentation lancé en 2005 par l’AERA (Actions, études et recherches sur l’architecture, l’habitat et la ville) sous le nom de « Promotion et appui au développement de coopératives d’habitation à vocation sociale et participative », qui a donné lieu en parallèle à un travail juridique et économique de conception et de mise au point opérationnelle d’un nouveau modèle d’accession très social. Il s’est agi de proposer un modèle d’adaptation des SCI APP au statut coopératif.
Cette étude s’inscrit dans le programme de recherche-action « Hors champ de la production urbaine » lancé en 2014 afin d’analyser des actions locales renouvelant la question de l’implication des habitants et usagers dans la fabrique de l’espace urbain.

Partenaires
La société HLM Les Chalets a « essuyé les plâtres » de l’expérimentation, et en a tiré des conclusions positives, avec deux autres opérations en cours : Bellefontaine en zone Anru et Vidailhan-Sud.
De nombreux aménageurs (Oppidea SEM de la CUGT (31), SEPA (64), SAEM Euralille) et opérateurs (Groupe des Chalets (31), Le COL (64), Groupe Arcade, Coopérative d’accession sociale à la propriété (93), Cité Jardins (31), Grenoble habitat, Habitat Toulouse, Haute-Savoie habitat, etc.) ont manifesté leur intérêt. La majorité en est à une phase de réflexion et d’étude, ou en attente d’un foncier ad hoc, ou encore en attente d’une clarification de la réglementation.


 

Miracles et mirages de la « technopolisation » : l’exemple de Grenoble

publié le 30 mars 2016

Cette recherche a été valorisée à travers la publication de « De la technopole à la métropole? L’exemple de Grenoble » réalisée sous la direction de Gilles Novarina et Natacha Seigneuret et éditée par les éditions du Moniteur.
Le travail de recherche a été mené par Magali Talandier, Rachel Linossier et Raphaël Besson, chercheurs en aménagement et urbanisme, membres du laboratoire Pacte à Grenoble, dans le cadre de la Plateforme d’Observation des Projets et Stratégies Urbaines (Popsu), un programme de recherche co-piloté par le Puca et dix grandes agglomérations françaises (Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Rennes, Strasbourg, Toulon, Toulouse). La plate-forme a pour objectif de mettre en dialogue l’expertise des acteurs locaux et les savoirs des milieux de la recherche pour mieux comprendre les enjeux et les évolutions de l’espace urbanisé.

Comparer les dynamiques urbaines et technopolitaines de Grenoble
La recherche choisit Grenoble comme terrain d’étude et met l’accent sur le territoire et l’urbanisme comme leviers d’action stratégiques en matière d’économie et de développement. Ses auteurs élaborent une cartographie statistique avec des indicateurs destinés à mesurer et comparer les dynamiques urbaines et technopolitaines. Ils détaillent également l’histoire économique récente de la ville ainsi que les activités, les personnels et institutions en charge des politiques économiques et d’aménagement au sein de la municipalité et de l’intercommunalité.


 

L’intégration des professionnels usagers en amont de la conception : nouveau process ou nouvelle compétence ?

publié le 24 février 2016

Ce Quatre pages est tiré du rapport « Genèse et processus de structuration d’une maîtrise d’usages intégrée au projet immobilier Ilink » réalisé en 2015 par le bureau d’études nantais Groupe d’Étude et de Recherche sociales (GERS) sur l’initiative de l’association Îlink, les acteurs de la démarche, et financée par le Puca dans le cadre de son programme « Hors champ de la production urbaine ».

C’est dans le sillage du très stratégique Quartier de la Création nantais qu’a éclos le projet immobilier Îlink. Sa spécificité tient dans son équipe de conception qui a intégré les entreprises acquéreuses, futures occupantes des lieux, dès la phase concours. Pas n’importe quelles entreprises : de très petites structures appartenant à « l’économie créative ». Ces dernières, réunies en collectif, ont fait valoir leur volonté d’être associées aux constructeurs avec l’intention de défendre la prise en compte des usages.