Copropriétés et Action Publique sur l’Habitat – La Chaumière, île de la Réunion

La Chaumière est appréhendée comme un laboratoire pour interroger l’action publique dans les copropriétés ultramarines. L’intérêt central de ce terrain tient à ce que l’intervention publique en parc privé y est encore à ses débuts : à la différence de sites métropolitains comme Grigny, où cette pratique est ancrée depuis vingt-cinq ans, la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde à La Réunion soulève d’emblée la question de la construction de sa légitimité sur un territoire sans culture préalable de ce type d’intervention.

Copropriété La Chaumière, OPAH La Réunion

Equipe

Tanika Join (géographe-urbaniste, maître de conférences associée, ENSA-La Réunion),
Jane Coulon (architecte DPLG, maître de conférence TPCAU),
Chloé Réguerre (doctorante en géographie, Espace-Dev),
Gwennaëlle Pennobert (directrice adjointe UMR 228 Espace-Dev),
Mélodie Lherminez (doctorante, Laboratoire Océan Indien),
Mégane Aussedat (docteure en sociologie, Université de Rouen),
Shimeen-Khan Chady et Fabrice Georger (maîtres de conférences en Sciences du langage, Université de La Réunion) — ENSA La Réunion / GREAT

Hypothèses de recherche

Axe(s) du programme :
Axe 1 : Copropriétés complexes en grande difficulté — métiers de l’intervention publique, sortie des difficultés et des dispositifs
Durée : 30 mois

La Chaumière est appréhendée comme un laboratoire pour interroger l’action publique dans les copropriétés ultramarines. L’intérêt central de ce terrain tient à ce que l’intervention publique en parc privé y est encore à ses débuts : à la différence de sites métropolitains comme Grigny, où cette pratique est ancrée depuis vingt-cinq ans, la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde à La Réunion soulève d’emblée la question de la construction de sa légitimité sur un territoire sans culture préalable de ce type d’intervention.

La Chaumière est abordée comme un cas emblématique de complexité à plusieurs titres :

  • une constitution juridique défaillante qui pèse sur la gestion quotidienne ;
  • une intervention publique massive dans une propriété privée via le plan de sauvegarde, qui interroge la légitimité de l’État et ses effets sur les copropriétaires et les occupants ;
  • une population résidente cosmopolite (Réunionnais, Mahorais, Comoriens, Malgaches, Mauriciens) qui configure des espaces de voisinage et des pratiques collectives marqués par les contextes tropicaux et post-coloniaux ;
  • enfin, des jeux de pouvoir et de domination qui s’expriment aussi bien dans les instances formelles de gestion que dans les espaces partagés du quotidien.

Méthodologie

La recherche mobilise une équipe délibérément pluridisciplinaire : géographes, urbanistes, architectes, sociologues et linguistes. Cette composition permet d’aborder conjointement les dimensions spatiales, juridiques, sociales et langagières de la situation.

L’enquête de terrain combine des entretiens avec les acteurs institutionnels du plan de sauvegarde (État, collectivités, opérateurs) et une enquête ethnographique auprès des habitants (copropriétaires et locataires), menée par observations dans les espaces communs et lors des réunions de gestion.

Un volet sociolinguistique constitue l’une des originalités majeures de la recherche : il s’agit d’analyser les pratiques langagières et les registres de communication mobilisés entre acteurs publics et résidents dans un contexte multilingue et post-colonial. Cette entrée permet d’interroger comment les inégalités de rapport au langage institutionnel — en français, face à des populations créolophones ou allophones — structurent les dynamiques de participation et de résistance à l’intervention publique.

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