Le redressement des copropriétés en difficulté à l’épreuve des dynamiques collectives
Cette recherche vise à comprendre comment les dynamiques collectives évoluent au sein des copropriétés inscrites dans un dispositif public d’accompagnement en vue de leur redressement.
Equipe
Yaneira Wilson (maîtresse de conférences en SHS, ENSA Paris–Val-de-Seine),
Estelle Baron, Gaëlle Le Fur et Annabelle Lopez (Soliha–Grand Paris),
Estelle Gourvennec et Claudette Lafaye (LAVUE-CRH)
Hypothèses de recherche
Axe(s) du programme :
Axe 1 (majeur) : Copropriétés complexes en grande difficulté
Axe 2 (mineur) : Les acteurs ordinaires de la prévention
Durée : 36 mois
- Cette recherche vise à comprendre comment les dynamiques collectives évoluent au sein des copropriétés inscrites dans un dispositif public d’accompagnement en vue de leur redressement. Elle analyse les variations de la confiance et de la coopération entre les acteurs impliqués — copropriétaires, conseils syndicaux, syndics, opérateurs, acteurs publics — pour déterminer dans quelle mesure les dynamiques de (dé)mobilisation participent au redressement ou, au contraire, le fragilisent.
- La recherche repose sur l’hypothèse que le dispositif d’accompagnement fonctionne comme un catalyseur de dynamiques collectives non linéaires, marquées par des oscillations entre phases d’engagement et de désengagement. Ces dynamiques ne sont pas uniformes : les moments où l’ensemble des acteurs convergent sont brefs, et certaines configurations permettent mieux que d’autres d’absorber les variations de confiance et de maintenir une mobilisation dans la durée. Les « points de bascule » — moments où la dynamique collective s’éteint ou se réactive — invitent à repenser la notion de « redressabilité » non plus comme un seuil fixe, mais comme une trajectoire fluctuante.
- La recherche interroge également un angle resté peu exploré : dans un contexte où les politiques publiques disposent désormais d’outils plus nombreux et où les opérateurs se montrent plus attentifs aux organes de gestion, existe-t-il des cas où l’action publique parvient à restaurer ou consolider durablement la structure de confiance ?
Méthodologie
La recherche associe une équipe universitaire (ENSA Paris–Val-de-Seine, LAVUE-CRH) et un opérateur de terrain (Soliha–Grand Paris), ce qui permet d’articuler analyse sociologique et connaissance fine des dispositifs d’accompagnement.
Elle s’appuie sur des études de cas longitudinales menées au sein d’un corpus de copropriétés accompagnées : observations des instances de gestion (assemblées générales, réunions du conseil syndical, rencontres avec les opérateurs) et entretiens approfondis avec les copropriétaires, membres de conseils syndicaux et professionnels. L’enjeu est de saisir les dynamiques in situ et dans leur durée, pour identifier les configurations favorables au maintien de la mobilisation collective et les conditions dans lesquelles le redressement peut se voir sérieusement ou définitivement compromis.
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