Le Quatre Pages

 

Sous une forme numérique, Le Quatre pages est destiné à jouer un rôle d’alerte au regard des principaux résultats ou enseignements de recherche, essentiellement ceux réalisés dans le cadre de programmes incitatifs initiés, financés et pilotés par le PUCA.
Les données et les analyses présentées, sauf mention contraire, proviennent des rapports de recherche rédigés par les chercheurs. La sélection et leur mise en perspective n’engagent en revanche que le PUCA.

Coordination : Bertrand Vallet

ISSN : 2427-8912 (imprimé)

 
 
 

La mobilité en milieu rural : une nécessaire coordination des actions dans un souci d’équité

publié le 12 novembre 2014 (modifié le 12 janvier 2015)

Les habitants des campagnes restent attachés à leur voiture. Cette préférence tient souvent de la contrainte : le monde rural ne peut pas disposer de desserte de transports collectifs suffisante pour répondre aux besoins d’une population dispersée. Une telle situation n’est pas sans poser des problèmes économiques et sociaux : les citoyens non motorisés se retrouvent pénalisés dans l’accès à l’emploi et aux services publics. De plus, les coûts liés à la mobilité individuelle sont amenés à augmenter. L’impact écologique nécessite, enfin, d’être soulevé. Comment alors développer une offre de transport adaptée sans grever les fonds publics et dans le respect de l’environnement?
La réponse réside moins dans l’investissement massif dans des transports en commun coûteux que dans la recherche d’une meilleure articulation des actions existantes. L’idée serait de prendre acte des nombreuses initiatives locales et d’améliorer leur coordination d’un point de vue fonctionnel et tarifaire.
Les collectivités territoriales rurales ont en effet inventé des solutions pour répondre aux problèmes des citoyens, comme les transports à la demande. Les habitants, de leur côté, partagent véhicules et frais afférents. Il s’agirait déjà de faciliter ces solutions alternatives en les rendant visibles. Mais la diffusion d’une information exhaustive n’est que l’un des pans à améliorer : les autorités organisatrices de transport, se superposant, rendent certaines rationalisations impossibles, et les quelques dispositifs coopératifs développés par l’Etat reposent sur le seul volontariat.
Au-delà, l’objectif serait donc de mettre en œuvre une politique globale des transports. Garant de l’égalité de tous devant les services et charges publics, il appartient à l’Etat d’assurer un traitement équitable des territoires. La région semble l’échelle de régulation appropriée. Serait ensuite laissé aux instances en place le soin de s’adapter aux particularités locales, sur le plan économique (péréquation financière), organisationnel (forme des partenariats), technique (interopérabilité de la billettique) ou juridique (déspécialisation des transports collectifs). Du point de vue de l’habitant, la fiabilité et la fluidité de l’itinéraire constituent les deux conditions susceptibles de le faire opter pour un transport « en commun ».


 

Analyse socio-économique de projets urbains négociés : facteurs et conditions de réussite

publié le 11 novembre 2014 (modifié le 19 février 2015)

L’aménagement urbain fait face à de profondes mutations dont les incidences sur les montages opérationnels sont notables (montée des exigences liées au développement durable, complexité et volatilité des cadres juridiques, diminution des crédits publics, etc.). Dans ce contexte de complexification croissante, lorsque les collectivités locales ne veulent ou ne peuvent opérer directement par aménagement public et que le développement diffus ou l’incitation réglementaire ne suffisent pas à attirer les investissements privés pour que des opérations se montent spontanément, les collectivités peuvent faire le choix de l’aménagemen t négocié. Dans cette troisième voie, les projets d’aménagement se caractérisent par un plus fort partenariat entre acteurs publics et acteurs privés entre lesquels se met en place une forme intermédiaire de gouvernance que l’on pourrait qualifier d’« hybride ».

Afin de mieux comprendre le fonctionnement de ce type de projets négociés, des chercheurs ont identifié les modes d’organisation, les phases de négociation entre acteurs publics et privés et les outils spécifiques à la mise en œuvre de ces projets partenariaux. C’est à l’aune de la Nouvelle Économie Institutionnelle que ce travail renouvelle le cadre d’analyse des filières d’aménagement urbain. En cela, leur travail participe au débat actuel sur « l’urbanisme de projet » qui relance la question de l’intentionnel à l’heure où le spontané (le diffus) triomphe.

Les auteurs cherchent à savoir si l’urbanisme intentionnel peut se satisfaire d’une procédure de marché seulement encadrée par des documents d’urbanisme comme le PLU, ou s’il faut au contraire réfléchir à des arrangements mieux intégrés verticalement autour de la collectivité.

Cette recherche présente comme intérêt majeur de soutenir l’idée que la négociation et la réglementation ne peuvent – et ne doivent – se substituer à l’essence même de l’aménagement, à savoir la conception du projet urbain. En outre, elle illustre la diversité des formes organisationnelles, des outils et des stratégies que peut mobiliser l’aménagement négocié.


 

Habitat alternatif : vers un mode de production propre ?

publié le 10 novembre 2014 (modifié le 12 janvier 2015)

Habitat « alternatif », « autogéré », « coopératif », « participatif » : quelle que soit leur dénomination, ces opérations ont en commun de proposer un produit innovant sur le marché du logement. Elles mettent également au cœur de leur dispositif un acteur singulier : l’habitant.
Si la démarche connaît des précédents, la dernière décennie a vu éclore des dizaines d’initiatives nouvelles.
Ces opérations se révèlent cependant très hétérogènes dans leurs processus, objectifs et formes. Mais qu’elles soient initiées par des citoyens, des associations ou par des collectivités, elles partagent plusieurs caractéristiques : elles sont plutôt de taille modeste, pas plus de 20 logements, et elles sont portées par des habitants désirant participer à la création de leur cadre bâti. Leurs motivations sont diverses : construire à moindre coût, « bien vivre » entre voisins en organisant sa vie collective ou rechercher des solutions innovantes.
Les collectifs d’habitants interviennent ainsi dans l’élaboration du programme, le montage financier et ils entendent être des acteurs à part entière du projet. Une implication qui modifie de fait le processus de conception et le rôle des acteurs traditionnels. La démarche participative crée en effet de nouvelles formes de coordination et engendre des partenariats complexes qui sont fluctuants, coûteux en temps et en engagement personnel. Car, pour l’heure, ceux-ci se mettent en œuvre à l’intérieur des procédures classiques de production de logement (ZAC ou projets de rénovation urbaine). Et l’implication dans un cadre procédural ne peut se faire sans une compréhension du système d’acteurs, notamment de la répartition des tâches, une connaissance du vocabulaire et des procédures.
Au regard des expériences en cours, la question est de savoir comment dépasser aujourd’hui l’expérimentation pour que ce type d’opération devienne un mode de production alternatif. Pour cela, un volontarisme politique et la mise en place d’outils spécifiques semblent nécessaires. A titre de comparaison, on observe dans les villes allemandes une multiplication d’opérations d’auto-promotion initiées par des architectes. Un fait qui confirme, qu’au-delà des questions de contexte, la nature même de la démarche conditionne son succès et sa reproductibilité.


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Vers des stratégies territoriales soutenables de réhabilitation énergétique des logements ?

publié le 9 novembre 2014 (modifié le 12 janvier 2015)

Comment s’y prendre pour mener des politiques de réhabilitation énergétique efficientes ?
Pour atteindre les objectifs du Grenelle de l’Environnement et réduire d’un facteur 4 les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre liés aux bâtiments, 400 000 logements par an devront être réhabilités en France jusqu’en 2050. Un chiffre considérable pour un secteur caractérisé par une forte hétérogénéité de formes et de statuts d’occupation. Une stratégie prenant en compte l’optimum socio-économique des travaux à réaliser au cas par cas ne serait-elle pas plus " soutenable " que la recherche globale de la meilleure performance technique ? Mais cette stratégie adaptée aux contextes locaux peut se heurter elle-même à des difficultés de mise en œuvre et risque de faire perdre de vue l’objectif collectif visé. A quelles échelles alors s’emparer du problème et selon quel angle d’attaque ? A celles des politiques locales de l’habitat répondent des chercheurs sollicités par le PUCA. Dans cette optique, on n’agit plus en fonction uniquement d’un objectif technique de consommation énergétique, mais selon un « optimum technico-économique et social acceptable » par les ménages et bailleurs.
Des simulations comparées portant sur deux territoires montrent ainsi que la seule prise en compte d’objectifs techniques quantitatifs peut paradoxalement constituer un frein à la réalisation de travaux et à l’atteinte du Grenelle : il peut, en effet, induire des pertes de pouvoir d’achat importantes. À l’inverse, l’optimum socio-économique implique une meilleure efficacité générale à l’échelle du parc, en permettant de moduler les exigences en fonction des potentialités techniques des bâtiments ou de cibler les aides publiques suivant les efforts à fournir.
Fondée sur une approche bottom up cherchant à mesurer cet optimum acceptable, à désigner les potentiels réalistes de réduction énergétique et à défini r une stratégie adaptée, l’étude présentée ici mobilise un modèle avant tout opérationnel. Elle n’a pour autre objet que d’inciter à améliorer les instruments d’analyse et d’action publique.


 

L’écologie sonore : une approche qualitative de l’écoute

publié le 8 novembre 2014 (modifié le 12 janvier 2015)

L’écologie sonore est née avec la montée en puissance de la conscience écologique qui s’opère au tournant des années soixante et soixante-dix.
D’abord issues du milieu musical, les recherches théoriques menées dans ce champ ont mobilisé par la suite d’autres professionnels dans une perspective multidisciplinaire. Ces travaux conduisent à penser que le son est une donnée fondamentale de l’environnement humain, et qu’il doit être considéré avec autant d’importance que la vue. Or, dans le domaine, la hiérarchie des préoccupations entre les deux sens est historiquement fluctuante mais il semble que les pouvoirs publics et les concepteurs accordent aujourd’hui une place encore trop faible aux enjeux sonores. A l’inverse, on constate un intérêt renouvelé des jeunes chercheurs pour ces questions d’écologie sonore.
Si les théories qui émanent tendent à considérer le son comme un élément essentiel de la qualité de vie des habitants, les politiques publiques mises en place sont prioritairement axées sur la lutte contre le bruit. S’opposent ainsi deux approches : l’une quantitative cherchant à réduire les nuisances sonores, et l’autre qualitative s’attachant à « favoriser la notion d’écoute » au sens large. C’est dans cette seconde perspective qualitative que l’on observe des innovations dans la conception même des projets urbains. La démarche présentée dans ce Quatre pages du PUCA permet de comprendre comment évaluer la qualité sonore et comment concevoir des projets urbains avec cette dimension de l’écoute dans l’objectif d’améliorer le cadre de vie et le bien être des habitants. En d’autres termes, se saisir des questions d’écologie sonore permet d’interroger l’environnement sonore dans sa dimension qualitative et d’améliorer les projets urbains dans le sens d’une meilleure qualité d’usage.


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