Le Quatre Pages

 

Sous une forme numérique, Le Quatre pages est destiné à jouer un rôle d’alerte au regard des principaux résultats ou enseignements de recherche, essentiellement ceux réalisés dans le cadre de programmes incitatifs initiés, financés et pilotés par le PUCA.
Les données et les analyses présentées, sauf mention contraire, proviennent des rapports de recherche rédigés par les chercheurs. La sélection et leur mise en perspective n’engagent en revanche que le PUCA.

Coordination : Bertrand Vallet

ISSN : 2427-8912 (imprimé)

 
 
 

L’aménagement universitaire : quelles nouvelles configurations territoriales pour l’Ile-de-France ?

publié le 7 novembre 2014 (modifié le 12 janvier 2015)

Depuis plus d’une vingtaine d’années, les universités font l’objet d’un intérêt renouvelé des professionnels de l’aménagement et du développement territorial. Elles occupent une place considérable dans les réflexions des acteurs publics, tant au niveau national qu’aux différentes échelles locales.
En ce qui concerne la région Ile-de-France, les préoccupations sont bien évidemment spécifiques, pour des raisons historiques, géographiques et institutionnelles. Toutefois la globalisation, l’essor d’une économie fondée sur la connaissance et la recherche d’un modèle de développement s’appuyant sur l’innovation font de la métropole parisienne une priorité nationale depuis plusieurs années. Il s’est donc opéré un revirement de situation après une période caractérisée davantage par une volonté de démocratisation de l’accès universitaire se traduisant par une déconcentration et un « désengorgement » des universités parisiennes.
Au moment où démarrent les assises nationales et régionales de l’enseignement et après deux décennies d’interventionnisme politique fort, il est important de faire un état des lieux et une évaluation des actions menées en faveur du développement du système d’enseignement, de l’immobilier et de l’aménagement universitaires. Un travail de recherche achevé en octobre 2012 apporte quelques éléments d’analyse sur les impacts territoriaux des différentes réformes universitaires. Si la région francilienne dispose de solides atouts et d’une densité importante d’établissements, on observe néanmoins une fragmentation du paysage francilien de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ce qui amène en particulier à s’interroger sur la pertinence et la réalité de l’« effet cluster » de proximité géographique recherché à travers les Pôles de Recherches et d’Enseignement Supérieur (PRES).


 

Sensibilisation des acteurs institutionnels à une approche élargie de la précarité énergétique

publié le 6 novembre 2014 (modifié le 12 janvier 2015)

Certains ménages échappent au repérage et aux actions couramment mises en place pour lutter contre la précarité énergétique alors que leur situation pourrait en relever, du moins si l’on se réfère à la définition de la précarité énergétique figurant dans l’article 4 de la Loi Grenelle II :

Est en situation de précarité énergétique […] une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat.

Il y a plusieurs raisons à cela :
•D’une part une partie des dispositifs de lutte contre la précarité énergétique cible prioritairement un certain type de ménages (des locataires en situation de surconsommation énergétique et présentant des impayés), laissant de côté d’autres types de ménages concernés (ceux en sous consommation d’énergie, les accédants à la propriété aux revenus
modestes, certains souscripteurs de Prêts à Taux Zéro dans le parc ancien dégradé…
• D’autre part, les dispositifs publics se fondent sur des représentations de l’action qui restent limitées à l’amélioration de la performance énergétique du logement et à la pédagogie des usages de l’énergie au domicile, invitant peu à d’autres approches.
Afin de progresser dans la compréhension des situations de précarité énergétique, mieux concevoir les actions pour y faire face et en élargir le champ, l’équipe de Praticité a mené une recherche la conduisant à établir des profils de ménages et de situations qui restent encore pour partie en marge des dispositifs d’accompagnement.

Cette recherche, dont les résultats datent de 2010,présente des éléments qui prennent une importance particulière aujourd’hui alors que les modes d’appréhension de la précarité énergétique sont en train d’évoluer, en France comme dans le reste de l’Europe (Hills, 2012).


 

Le logement des jeunes dans les technopoles universitaires

publié le 5 novembre 2014 (modifié le 17 juin 2015)

La question du logement, de son coût et de son accès touche la plupart des métropoles européennes. En France, elle affecte d’une façon particulière les jeunes, notamment les plus démunis et les moins diplômés. Il faut également souligner que la situation des jeunes sur les marchés locaux de l’habitat conduit à entraver d’autres catégories de population. Dans les sites caractérisés par la présence de technopoles et de clusters, la demande étudiante déstructure les marchés locaux de l’habitat : un constat dressé à partir de plusieurs sites français et étrangers montre que le petit logement de moyenne gamme est conquis par l’usage étudiant.

Cette pression provoque deux phénomènes :

1/ les personnes les moins fortunées et les primo-accédants se retrouvent exclus des centres urbains et sont amenés à se déplacer de plus en plus loin pour trouver une offre compatible avec leurs capacités financières ;

2/ faute de logement pour les étudiants à la hauteur en nombre et en qualité, les sites universitaires, en situation de concurrence internationale, perdent de leur attrait.

Cette deuxième conséquence crée un paradoxe : alors que le logement pour les étudiants constitue un atout stratégique concourant à l’image d’excellence scientifique des pôles technologiques et universitaires, il risque, suivant un cycle en spirale entre l’offre et la demande, de devenir un frein au développement économique des métropoles qui les accueille. Seule une vue d’ensemble paraît pouvoir combler les lacunes et juguler le phénomène de concurrence : approche concertée entre les acteurs (collectivités, universités, bailleurs, villes voisines, autres campus, etc.) ; vision transversale entre politiques de l’habitat, des transports et marchés immobiliers ; appui sur des études de terrain ; adaptation aux rythmes spécifiques des étudiants (dates appropriées d’ouverture/fermeture des logements, obtention des bourses dans des délais adaptés, gestion de plusieurs lieux dans une même année, etc.)


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Diversification de l’habitat et mixité sociale dans les opérations de rénovation urbaine

publié le 4 novembre 2014 (modifié le 12 janvier 2015)

Plus que par les démolitions de logements, c’est par la diversification de l’habitat que les opérations de rénovation urbaine lancées dans le cadre du PNRU devaient introduire de la mixité sociale dans les ZUS. Afin d’examiner ce qui ressort des opérations les plus avancées, une recherche a été engagée sur le sujet.
C’est une équipe universitaire qui a été chargée de ce travail, examinant tout d’abord, sur sites, le lien entre la diversification de l’habitat et le profil sociologique des nouveaux arrivants, puis en tentant de rendre compte de l’incidence de ces transformations sur la « dynamique sociale » de ces quartiers et les pratiques de leurs habitants. Parmi l’importante moisson d’observations rapportées par les chercheurs et sans préjuger des analyses ultérieures qui pourront être faites à plus vaste échelle, nous avons retenu quelques enseignements que nous vous présentons ici.
La diversification de l’habitat et notamment la construction de logements en accession à la propriété ne se traduit pas mécaniquement par une transformation sociale marquée. Pour autant, les parcours résidentiels que l’étude révèle, l’investissement ou le retrait des nouveaux habitants, les représentations ainsi que les relations de cohabitation repérées témoignent de dynamiques à l’œuvre qui, pour ténues qu’elles soient, n’en sont pas moins effectives. S’ils constituent pour certains une simple opportunité locative, les logements créés s ont pour d’autres l’occasion d’un maintien, voire d’un retour dans un quartier qui réunit alors les conditions de l’attachement et celles de la promotion résidentielle. Ainsi, c’est de la composition subtile des lieux, des statuts et de tout ce qui constitue « l’accommodement » au quartier que dépendra l’avenir de celui-ci, la diversification de l’habitat apparaissant sous ce jour comme une condition nécessaire, mais loin d’être suffisante, à une transformation durable du quartier.