Le Quatre Pages

 

Sous une forme numérique, Le Quatre pages est destiné à jouer un rôle d’alerte au regard des principaux résultats ou enseignements de recherche, essentiellement ceux réalisés dans le cadre de programmes incitatifs initiés, financés et pilotés par le PUCA.
Les données et les analyses présentées, sauf mention contraire, proviennent des rapports de recherche rédigés par les chercheurs. La sélection et leur mise en perspective n’engagent en revanche que le PUCA.

Coordination : Bertrand Vallet

ISSN : 2427-8912 (imprimé)

 
 
 

Piloter la transition énergétique par les démarches stratégiques : usine à gaz ou atout pour l’action publique?

publié le 5 janvier 2016 (modifié le 7 janvier 2016)

Qu’on s’en réjouisse ou non, le temps est désormais révolu où la stratégie énergétique de la France était définie par un nombre restreint de participants, regroupés au sein des services centraux de l’Etat et surtout au sein de grands organismes publics comme le CEA, EDF et GDF. En quelques décennies, plusieurs évolutions ont élargi le nombre des acteurs parties prenantes des processus de décision. La libéralisation des marchés de l’énergie a replacé les tutelles de l’État dans le jeu stratégique, en les obligeant à affirmer leur point de vue dans la définition des grandes orientations nationales. Ce repositionnement s’est traduit par une multiplication des textes législatifs et réglementaires souvent préparés par de grandes démarches participatives nationales.

Les analyses proposées par François-Mathieu Poupeau, chercheur CNRS au LATTS (Université Paris-Est) et maître de conférence à l’École nationale des Ponts et Chaussées, ont été présentées publiquement dans le cadre du séminaire organisé conjointement par le Puca et le Cerema sur la « Gouvernance locale de la transition énergétique » lors de la séance du 10 septembre 2015 organisée dans les locaux de l’Agence Parisienne du Climat et consacrée au triptyque « outils, acteurs et enjeux ».
Lancé en 2014 en partenariat avec d’autres organismes (l’Ademe, le Cerema, le LATTS, ETD et la CDC Climat, devenue I4CE), ce cycle de cinq séminaires avait pour objet de créer un espace de discussion et d’échange permettant de mieux appréhender les enjeux socio-spatiaux, techniques, économiques, environnementaux, des politiques écoénergétiques locales et territoriales, politiques visant la réduction de la consommation d’énergies fossiles et des émissions de gaz à effets de serre par la diminution des consommations urbaines d’énergie et/ou la promotion d’énergies renouvelables.
Une approche résolument territoriale donc, associant chercheurs, membres des administrations, acteurs locaux (élus, services techniques), associations, professionnels, etc., et s’intéressant à la fois aux systèmes d’acteurs, aux modalités de l’action, aux instruments et à leurs systèmes de contraintes, pour interroger in fine les effets des politiques menée.

En savoir plus sur le Cycle de séminaires : Quelles gouvernances locales de la transition énergétique ?


 

Rénovation énergétique des copropriétés : une affaire technique ? financière ? D’abord humaine

publié le 23 novembre 2015

Le programme « Amélioration énergétique des copropriétés » a été lancé en 2011, dans le cadre du « Programme de recherche et d’expérimentation sur l’énergie dans le bâtiment » (Prebat), par le Puca et l’Anah afin de repérer les difficultés, voire les blocages à l’enclenchement des travaux de réhabilitation thermique dans les logements collectifs du secteur privé. Il s’agissait aussi de mettre à disposition des copropriétés et des professionnels des outils et des méthodes innovants.
Portant sur quarante copropriétés, les quinze recherches-actions sélectionnées ont travaillé dans quatre directions : faciliter l’élaboration des programmes de travaux et le choix de solutions techniques dédiées ; mobiliser des moyens de financement adaptés ; faire adhérer les copropriétaires aux processus de décision et garantir les performances ; proposer des outils d’assistance, de mesure, de gestion et de contrôle, de l’amont à l’aval des projets.
Chaque projet porte un objectif à développer : interroger les conditions de possibilité d’une prise de décision, déceler les points de blocage et les facteurs favorables, proposer une solution technique originale, approfondir les aspects financiers et gestionnaires – le tout en s’appuyant sur la démarche expérimentale à laquelle est attaché le Puca. Sans négliger la réalité des copropriétés, avec leurs assemblées générales, leur organisation, leurs leaders, leurs difficultés : l’univers impitoyable d’une collectivité discrète et complexe…
Quatre séminaires successifs ont permis de soumettre expérimentations, études et conclusions au feu des questions, de répondre, ou d’amorcer les réponses, à de nombreuses interrogations : quelle maîtrise d’ouvrage ? peut-on définir une démarche-type ? comment gérer les projets ?quel accompagnement ? quelles aides financières ? On a pu également mieux discerner les points aveugles et les incertitudes, de l’ordre du juridique, ou de la pérennité et de l’ampleur des soutiens financiers, qu’ils proviennent des agences comme l’Anah ou l’Ademe, ou des collectivités locales, régions, départements, communes.
La question du financement des travaux, et celle des choix techniques ne sont pas traitées en tant que telles ici, elles mériteraient des développements particuliers qui feront l’objet d’un prochain Quatre pages du Puca s’appuyant sur le programme d’expérimentation « Approche globale des rénovations énergétiques des logements privés » en cours qui a pour but d’expérimenter de nouvelles approches visant à relier les questions liées au financement des travaux avec l’accompagnement des ménages maîtres d’ouvrage, centré sur la notion de tiers de confiance.


 

La densification douce à Villepinte : impact des documents d’urbanisme sur l’évolution des tissus pavillonnaires

publié le 2 novembre 2015

Cette étude, qui propose d’étudier les impacts d’un nouveau document d’urbanisme sur la densification des quartiers pavillonnaires d’une commune de l’agglomération francilienne s’inscrit dans le programme « Densification douce » du Puca. Elle a été menée par Astrid Tanguy et Grégoire Palierse de la Direction Territoriale Île-de-France du Céréma.
Contacté fin 2013 par l’ancien adjoint au maire en charge de l’urbanisme à Villepinte pour sa connaissance de la démarche BIMBY (Build In My Backyard), le Céréma a effectué un travail d’analyse des processus de densification douce observés à Villepinte depuis l’approbation du Plan Local d’Urbanisme (PLU) en juillet 2012.

Une méthodologie plurielle
Le Céréma a mené un diagnostic morphologique des tissus d’habitat individuel de Villepinte puis a recensé les processus de division parcellaire réalisés depuis l’approbation du PLU.
Chaque projet de division parcellaire a été étudié selon plusieurs critères : morphologique (formes des parcelles créées, implantations et gabarits des nouveaux logements), lien avec le règlement d’urbanisme, et dimension immobilière (positionnement du produit neuf dans le marché immobilier local). Ce travail a été enrichi par une campagne d’entretiens menée auprès des anciens et nouveaux propriétaires ainsi qu’avec des professionnels locaux.
En parallèle, l’étude des règlements du PLU et de l’ancien Plan d’Occupation des Sols (POS) a été menée pour déterminer les changements induits par le nouveau document. Pour approfondir cet aspect juridique, des entretiens ont été conduits auprès du service urbanisme de la commune et des élus en charge de ce domaine dans l’ancienne et la nouvelle équipe municipale afin de mettre en perspective les processus observés avec les objectifs des élus définis lors de l’élaboration du PLU en termes de développement urbain.


 

Villes et ports fluviaux : les conditions d’une reconnexion

publié le 25 septembre 2015

Ce Quatre pages est tiré de la thèse en aménagement et urbanisme « Villes et ports fluviaux : le projet comme dispositif de reconnexion ? Regards croisés sur Bruxelles et Lille » réalisée par Kristel Mazy sous la direction de Philippe Menerault (Université de Lille 1), Jean-Luc Quoistiaux et Yves Rammer (Université Libre de Bruxelles). Soutenu en 2014, ce travail doctoral a été distingué par le Prix de thèse sur la ville 2015 (prix spécial), délivré par le Puca et l’APERAU Internationale (Association pour la Promotion de l’Enseignement et de la Recherche en Aménagement et Urbanisme).

Un positionnement hybride entre sciences et action
L’urbaniste s’interroge sur l’efficience du « projet urbain », en tant que dispositif d’action collective, dans la reconnexion entre les villes, leurs ports et leurs voies d’eau, réputés irréconciliables.
Après un retour historique sur cette difficile relation, son étude en recense les enjeux et les facteurs de blocage à plusieurs échelles géographiques, notamment au travers de cartes et des tableaux croisant les niveaux de réflexion. Puis, elle choisit trois terrains en mutation situés à Lille et Bruxelles, des zones dites « charnières ». Elle compare leurs modes de gouvernance, leurs traductions spatiales, avant de proposer des pistes opérationnelles.

Lille et Bruxelles
Les deux métropoles ont un réseau hydrographique commun, ainsi qu’une histoire socio-économique et une démographie comparables.
Fortement marquées par la désindustrialisation, elles partagent des problématiques similaires quant à la redynamisation de leurs territoires portuaires ou bordés d’eau, mais se distinguent quant à leurs systèmes politiques. L’activité portuaire est sous tutelle régionale depuis vingt ans à Bruxelles, tandis qu’à Lille, le transfert vers les échelons locaux date d’une dizaine d’années.


 

Les dynamiques urbaines d’une métropole asiatique vues depuis ses ruelles : le cas de Ho Chí Minh Ville Viet Nam

publié le 28 août 2015 (modifié le 9 mars 2016)

Ce Quatre pages est tiré de la thèse en géographie urbaine « Les ruelles de Ho Chí Minh Ville (Viet Nam), trame viaire et recomposition des espaces publics » de Marie Gibert.
Soutenu en 2014 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction de Thierry Sanjuan, ce travail doctoral a été distingué par le Prix de thèse sur la ville 2015 (Grand Prix) organisé par le Puca et l’Apereau Internationale (Association pour la Promotion de l’Enseignement et de la Recherche en Aménagement et Urbanisme).

Exploration morphologique de l’épaisseur du tissu urbain
La géographe étudie les mutations contemporaines auxquelles sont soumises les ruelles de Ho Chí Minh Ville. Après une mise en perspective historique, elle entreprend un classement typologique des voies excédant le critère du gabarit pour inclure le parcellaire, les volumes, le profil architectural et les interactions entre les rues et leurs territoires.
L’étude se focalise sur les quartiers péricentraux en raison de leur caractère dit « ordinaire ». Six quartiers ont fait l’objet d’analyses cartographiques et réglementaires, prolongées d’observations ethnographiques, fixes et mobiles, de relevés, de prises de vues et d’entretiens avec divers acteurs (cadres de l’administration, riverains, représentants d’ONG, chefs de ruelles, etc.). La chercheuse a confronté leurs évolutions à trois échelles temporelles : l’histoire urbaine, le quotidien et le temps des projets d’aménagement.